Soraya Mahdaoui & Romain Ponsot : l'invitation au Voyage


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Soraya Mahdaoui & Romain Ponsot

     
Soraya Mahdaoui, Romain Ponsot



Babel
BABEL c'est le nom d'une tour.

Voici ce que raconte une assez jolie fable - extraite d'un livre, sacré pour certains, qu'ils appellent "la Bible" - : dans des temps très anciens, les humains parlaient tous le même langage, mais pleins d'orgueil, ils ont érigé une tour une immense, si haute qu'elle défiait leur "Créateur". Alors pour les punir, ils les a divisés en nombreuses tribus qui parlaient des langages différents, et donc…ne se comprenaient plus.

Après ça, des guerres, des guerres... Enfin, c'est ce que j'en ai retenu... comme tous les contes, celui-ci se lit ou se dit comme on veut bien, au gré de nombreuses versions, au fil des siècles aussi.
Toujours est-il qu'en effet, les humains parlent de nombreuses langues (même s'il meurt une langue tous les jours...), et qu'il y a toujours des guerres.

Dans le monde de l'art, on n'ira pas jusqu'à prétendre que tout le monde parle d'une même voix, et qu'il n'y a jamais de guéguerres... Mais l'art est universel, et le langage de la musique compris par toutes et tous!

"BABEL, Des Racines Et Des Rêves", c'est un beau projet artistique : musiques, chants, danses, contes, théâtres, rencontres humaines en somme entre les artistes et le public, rencontres entre artistes de différents pays et continents. C'est pour nous raconter la genèse de cette aventure que Soraya et Romain, de l'association L'INVITATION AU VOYAGE ont répondu à l'invite de RADIO APPLE PIE. Mais au-delà de cet évènement, il s'agit aussi du 2e disque de Soraya, qu'elle enregistre en fin d'année, de son parcours entre Kabylie, Algérois et Le Havre, de sa voix pure et passionnée, de Romain jeune hautboïste classique devenu producteur-mixeur de sons magiques en toutes langues, instruments et machines divers et bien sûr…de leur rencontre amoureuse et musicale qui donne jour à tant de belles réalisations sur disque ou sur scène !

Ludo s'il n'offense pas les Dieux, défie de Villiers, en explorant le cinéma-bis turc !!!
Pascal nous interpelle avec le sinistre destin d'Haber, chimiste juif converti au protestantisme qui inventa…le gaz moutarde et le Zyclon B...
Il est questions aussi, bien sûr de protester contre les couvre-feu, l'état d'urgence, et les expulsions.


A écouter en dégustant des huîtres et du vin blanc, pourquoi pas ?


Emi(ssion) publique n°81 - enregistrée à l'Apple Pie le 15 novembre 2005








Chroniques Polar et B.D.
Retrouvez les polars et bd chroniqués par Pascal dans l'émission ...


"Crime Song La ballade de Billy Porter" de Jake Arnott (Ed. 10-18)

1966 Londres est encore en plein swinging sixties et l’Angleterre vient de remporter la coupe du monde lorsque le meurtre de trois policiers abattus de sang froid va bouleverser la nation entière.
Trois personnages sont liés à ce crime, Franck un flic ambitieux nageant en eaux troubles, Tony journaliste de presse à scandale ayant sa part d’ombre et Billy Porter petit truand pris dans l’engrenage de la violence.
Un roman à trois voix qui donne une description sombre et réaliste de l’Angleterre. C’est le deuxième d’une trilogie exceptionnelle.


"Fritz Haber (tome 1)" de David Van Der Meulen (Ed. L’esprit du temps)

La biographie en trois volumes d’un chimiste allemand dont l’histoire a oublié le nom, inventeur pourtant des premiers engrais chimiques mais aussi d’un gaz moutarde ayant servi dans les tranchées et impliqué dans la création du ZYKLON B diffusé dans les camps de concentration pour l’extermination des juifs.
Il reçoit un prix Nobel en 1918 sous les huées du public. Juif lui-même il se convertit au protestantisme pour assouvir sa soif de pouvoir. Un personnage trouble d’une époque qui ne l’est pas moins pour un album glaçant au dessin transcendé par la peinture à l’eau brunie et sans encrage.
Van Der Meulen nous avait habitué à des albums humoristiques merci d’avoir changé car c’est un coup de maître.


 
les bouquins chroniqués
Chroniques Cinema Bis
Repères, anecdotes et noms écorchés au micro ...

Intro :

Jukes Boxes chez Saidani - extrait de la bande originale de Max et les Ferrailleurs (Phillipe Sarde, 1970). Disponible sur la compilation allemande Shake Sauvage - french soundtracks 1968 - 1973. Crippled Dick Hot Wax !.


La Turquie peut-elle rentrer dans l’ Europe ?
Oui, mais ça peut poser des problèmes de copyright.

Du milieu des années 60 à la fin des années 70, la production turque, jusque là assez chiche, s’emballe pour atteindre son zénith avec 301 films produits en 1972. Avec un mépris souverain pour les législations en matière de droits d’auteur mais forts d’un enthousiasme pour lequel il leur sera beaucoup pardonné, les artisans du Turkish Pop Cinema décrètent de facto que tout relève du domaine public et inondent le marché domestique de remakes, plagiats, hommages, resucées, piratages, prolongements, hybridations, appropriations et autres greffes aventureuses qui tournent la tête de l’historien méticuleux et saturent les fantasmes criards du cinéphile déviant.

Turkish Pop Cinema Double Bill

THE DEATHLESS DEVIL (AKA : Yilmayan Seytan / L’invincible batman)
de YILMAZ ATADENIZ
TURQUIE / 1972
GENRE : L’ENFANCE DE L’ART
AVEC : KUNT TULGAR, MINE MUTLU, EROL TAS, MUZAFFER TEMA...
MUSIQUE: PAS DE DELATION, S’IL VOUS PLAIT.
DUREE : 84 MIN.
VIDEO : FORMAT 1.33:1 -4/3
AUDIO : TURC — STEREO
SOUS-TITRES : ANGLAIS (optionNels)

TARKAN VERSUS THE VIKINGS (AKA : Tarkan Viking Kani)
de MEHMET ASLAN
TURQUIE / 1971
GENRE : OH MON DRAKAR !
AVEC : KARTAL TIBET, EVA BENDER, SEHER SENIZ, FATMA BELGEN..
MUSIQUE: N’INSISTEZ PAS !
DUREE : 84 MIN.
VIDEO : FORMAT 1.33:1 - 4/3
AUDIO : TURC — STEREO
SOUS-TITRES : ANGLAIS (OPTIONNELS)

SUPPORT : DVD ZONE ALL NTSC (USA)
EDITEUR: MONDO MACABRO
BONUS : DOCUMENTAIRE : TURKISH POP CINEMA – NOTES DE PRODUCTION - BANDE-ANNONCE DE LA COLLECTION

Après un triptyque déjà voué à la gloire des super(anti)héros masqués, du serial américain et de la bande dessinée de quat’sous - Kilink Istanbul’da (Kilink à Istanbul), Kilink Uçan Adama Karsi (Kilink contre l’homme volant), iliink Soy ve Oldur (Kilink déshabille et tue), tous trois tournés simultanément en 1967 - Yilmez Atadeniz continue de mitrailler son amour de la culture populaire avec ce remake du Mysterious Doctor Satan. Son film, tonitruant, fonce à si vive allure qu’il plante sur les starting-blocks cohérence, continuité et notion de point de vue (voir la scène où le Doktor Sheytan derrière son écran de contrôle jouit des multiples angles de prises de vue filmés par une seule et unique caméra de surveillance). Ce qu’on dénoncerait en d’autres productions comme d’embarrassantes erreurs de script devient ici marque de fabrique, figure de style. Si les numéros du balourd Bitik, acolyte libidineux et fétichiste du cocaïnomane de Baker Street, parasitent sérieusement le métrage, l’épilogue culmine à un tel degré d’idiotie béate que oui, nous devons le confesser, nous avons ri. Devrait être étudié dans les écoles de cinéma.

Quatrième opus d’une geste qui en comporte sept, Tarkan Versus the Vikings leste les fières épaules du Hun Turc d’une double mission : venger son ami, son frère, le chien Kurt, incarnation animale de la noblesse et des valeurs ancestrales («Kurt is raising his son like a good Turk»), et sauver la fille d’ Attila, décédé quelques siècles plus tôt, d’un sort pire que la mort. Sur sa route, Toro, le plus gaulois des Nordiques, Lotus, l’irrésistible empoisonneuse bien (stéréo)typée, une pieuvre géante qui se déballonne et quelques couches accueillantes, car il faut bien. Ed Wood aux Folies Bergères sur un livret de Robert E. Howard. Les grands enfants pervers priseront ce spectacle aussi naïf que furieux où l’on s’occit dans l’allégresse au milieu des fourrures et des pompons. Tarkan Versus the Vikings bénéficie grandement de l’improbable contraste entre son univers factice aux couleurs très soutenues et une violence exubérante qui ne demande qu’à s’afficher dans toute sa splendeur tapageuse et maladroite. Gare, toutefois, à ne pas réduire le film à ses débordements car chaque vision est riche de découvertes. Une fraîcheur primitive sous un ciel d’azur.

En complément de programme, un documentaire maison de 24 minutes produit pour Channel 4 nous malmène joyeusement les orbites avec moult extraits et visuels à la rugosité rien moins qu’alléchante. On chérira notamment les étonnantes images détériorées de Kilink Istanbul’da auxquelles un noir et blanc strié et le jeu outré de l’actrice confèrent un parfum archaïque et vénéneux. Quelques protagonistes de la grande époque livrent leurs impressions entre fierté teinté de distance (l’indéracinable Cüneyt Arkin, synthèse locale de Douglas Fairbanks, John Wayne et Alain Delon), militantisme (Yilmaz Atadeniz), incrédulité persistante de s’être vus proposer les pires incongruités et dépit d’avoir été cantonnés aux sempiternels clichés (le cogneur et la belle dénudée). Enfer de l’exploitation quand tu nous tiens !

D’autres infos encore dans le dossier Fantastik Türk Sinemasi (bref historique et onze films chroniqués) paru dans Trash Times #11 (automne-hiver 2002) qu’il eût été de bon aloi d’acheter en son temps. Il n’est peut-être pas trop tard pour aller miauler sur le site trash-times.com d’autant que celui-ci propose également un entretien avec l’éclectique Pete Tombs, Mr Mondo Macabro.














Romain Ponsot
Romain Ponsot



Soraya Mahdaoui
Soraya Mahdaoui




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